Quelques raisonnements classiques

Plan du chapitre "Raisonner"

Le raisonnement par récurrence

On admet les propriétés de l’ensemble {\mathbb{N}} des entiers naturels.
En particulier, on admet les résultats suivants, pour toute partie {A} de {\mathbb{N}} :

  • si {A} est non vide, alors {A} possède un élément minimum {a} (il est caractérisé par : {\forall\,b\in A,\;a\le b}).
  • si de plus {A} est majorée, alors possède un élément maximum.
    (dire que {A} est majorée, c’est dire qu’il existe {n} dans {\mathbb{N}} tel que : {\forall\,a\in A,\;a\le n})
Proposition (récurrence simple)
Soit {\mathcal{P}} une propriété (un « prédicat ») portant sur les entiers naturels.
Soit {n_{0}} un entier naturel. On suppose que la proposition {\mathcal{P}(n_{0})} est vraie.
On suppose également, pour tout entier {n\ge n_{0}}, que l’implication {\mathcal{P}(n)\Rightarrow\mathcal{P}(n+1)} est vraie.
Alors la proposition {\mathcal{P}(n)} est vraie pour tout entier {n\ge n_{0}}.

Voici donc comment montrer qu’une propriété {\mathcal{P}(n)} est vraie à partir d’un entier {n_0}:

  • On vérifie que l’entier {n_{0}} satisfait à la propriété: c’est le pas initial de la récurrence.
    La plupart du temps, on a bien sûr {n_{0}=0}, ou {n_{0}=1}
  • On se donne ensuite un entier {n\ge n_{0}}, et on suppose que {\mathcal{P}(n)} est vraie (c’est hypothèse de récurrence). On démontre alors que {\mathcal{P}(n+1)} est vraie (c’est le « passage du rang {n} au rang {n+1} »). On exprime l’implication {\mathcal{P}(n)\Rightarrow\mathcal{P}(n+1)} en disant que la propriété {\mathcal{P}} est héréditaire.
  • On conclut en annonçant que, par récurrence, la propriété est vraie pour tout entier {n\ge n_{0}}.

Une variante réside dans la manière d’avancer dans la récurrence. Il arrive en effet que l’hypothèse {\mathcal{P}(n)} seule soit insuffisante pour démontrer {\mathcal{P}(n+1)}. Le cas le plus fréquent est celui de la récurrence double, où le pas initial et l’hypothèse de récurrence portent sur deux entiers consécutifs.

Proposition (récurrence de pas 2)
Soit {\mathcal{P}} une propriété portant sur les entiers naturels.
Soit {n_{0}} un entier naturel. On suppose que {\mathcal{P}(n_{0})} et {\mathcal{P}(n_{0}+1)} sont vraies.
On suppose que pour tout {n\ge n_{0}}, l’implication « {(\mathcal{P}(n)\;\text{et}\;\mathcal{P}(n+1))\Rightarrow\mathcal{P}(n+2)} » est vraie.
Alors la proposition {\mathcal{P}(n)} est vraie pour tout {n\ge n_{0}}.
Il reste une autre variante importante, le raisonnement par récurrence forte : pour prouver {\mathcal{P}(n+1)}, on peut en effet utiliser tout ou partie des hypothèses {\mathcal{P}(n_{0}),\mathcal{P}(n_{0}+1),\ldots,\mathcal{P}(n)}.

Proposition (récurrence forte)
Soit {\mathcal{P}} une propriété portant sur les entiers naturels.
Soit {n_{0}\in\mathbb{N}}. On suppose {\mathcal{P}(n_{0})} vraie.
On suppose que pour tout {n\ge n_{0}}, l’implication {(\mathcal{P}(n_{0})\;\text{et}\;\mathcal{P}(n_{0}+1)\cdots\;\text{et}\;\mathcal{P}(n))\Rightarrow\mathcal{P}(n+1)} est vraie. Alors {\mathcal{P}(n)} est vraie pour tout {n\ge n_{0}}.
Voici enfin quelques conseils pour « réussir » un raisonnement par récurrence:
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