② Divisibilité. Polynômes associés. Division euclidienne.
③ Fonction polynôme. Racines. Polynômes scindés.
④ Dérivée. Formule de Taylor. Interpolation.
⑤ Pgcd. Euclide. Bézout. Ppcm.
⑥ Polynômes irréductibles. Factorisations.
⑦ Le corps 𝕂(X). Degré. Partie entière. Zéros. Pôles.
⑧ Décomposition en éléments simples. Cas de P'/P. 1 2 3 4 5 6 ⑦ 8
La construction du corps {\mathbb{K}(X)}
Les classes d’équivalence pour cette relation sont appelées fractions rationnelles à coefficients dans {\mathbb{K}}.
On note {\mathbb{K}(X)} l’ensemble des fractions rationnelles à coefficients dans {\mathbb{K}}.
La classe d’équivalence {R} du couple {(A,B)}, avec {B\ne0}, est notée {F=\dfrac{A}{B}}.
Ainsi pour {A,B,C,D} dans {\mathbb{K}[X]}, avec {B\ne0} et {D\ne0}, on a : {\dfrac{A}{B}=\dfrac{C}{D}\Leftrightarrow AD=BC}.
Quand on dit « soit {F=\dfrac AB} une fraction rationnelle », on sous-entend « {A,B} sont dans {\mathbb{K}[X]} et {B\ne 0} ».
Dans l’écriture {F=\dfrac{A}{B}}, on dit bien sûr que {A} est le numérateur et que {B} est le dénominateur.
Soit {F=\dfrac AB} un élément de {\mathbb{K}(X)}. Soit {\Delta=A\wedge B}.
Il existe deux polynômes {C,D} tels que {\begin{cases}A=\Delta C\cr B=\Delta D\end{cases}} donc tels que {F=\dfrac CD}, avec {C\wedge D=1}.
Sous cette dernière forme, on dit que {F} est écrite sous forme irréductible, ou simplifiée.
Réciproquement, supposons {F=\dfrac AB=\dfrac CD}, avec {C\wedge D=1}.
Alors il existe {Q} dans {\mathbb{K}[X]} tel que {\begin{cases}A=Q C\cr B=Q D\end{cases}}
Si on supppose deplus {A\wedge B=1}, alors il existe {\lambda} dans {\mathbb{K}^*} tel que {A=\lambda C} et {B=\lambda D}.
On en déduit que la forme irréductible d’une fraction rationnelle non nulle est unique si on impose au dénominateur d’être un polynôme unitaire.
Par exemple, celle de {F=\dfrac{X^{6}-1}{X^{4}-1}=\dfrac{(X^{2}-1)(X^{4}+X^{2}+1)}{(X^{2}-1)(X^{2}+1)}}est {F=\dfrac{X^{4}+X^{2}+1}{X^{2}+1}}
Cette identification permet de considérer les polynômes comme des fractions rationnelles particulières.
Le polynôme nul notamment s’identifie à {F=\dfrac{0}{1}} (avec d’ailleurs {F=\dfrac{0}{B}} pour tout {B\ne0}).
Dire qu’une fraction rationnelle {F=\dfrac{A}{B}} est non nulle, c’est dire que son numérateur {A} est non nul.
Munis de ces deux opérations, l’ensemble {\mathbb{K}(X)} possède une structure de corps.
L’opposé de la fraction rationnelle {F=\dfrac AB} est la fraction rationnelle {-F=\dfrac{-A}B}.
Le neutre dans {\mathbb{K}(X)} pour la loi {\times} est la fraction rationnelle (le polynôme) {F=1}.
Si {A\ne0}, l’inverse de {F=\dfrac AB} pour la loi {\times} est la fraction rationnelle {\dfrac 1F=\dfrac BA}.
Soit {\widetilde A,\widetilde B} les fonctions polynomiales associées aux polynômes {A} et {B}.
La fonction rationnelle {\widetilde F} associée à {F} est la fonction {x\mapsto \widetilde F(x)=\dfrac{\widetilde A(x)}{\widetilde B(x)}}.
Son domaine de définition est {\mathbb{K}} privé de l’ensemble des racines de {B}.
- L’application qui à une fraction rationnelle {F} associe la fonction {\widetilde F}est injective.
- Si les fonctions {\widetilde F} et {\widetilde G} sont égales en un nombre infini de points, alors les fractions rationnelles {F} et {G} sont égales. On peut donc sans danger identifier une fraction rationnelle et sa fonction rationnelle associée.
- Soit {F} dans {\mathbb{R}[X]}, et soit {\alpha} dans {\mathbb{C}}. Alors {\widetilde F(\overline\alpha)} est le conjugué de {\widetilde F(\alpha)}.
Si elle est impaire, on peut l’écrire {F(X)=X\dfrac{A(X^{2})}{B(X^{2})}}.
Par exemple {G=\dfrac{X^4-1}{X^6+3X^2+1}} est paire : {G=\dfrac{A(X^2)}{B(X^2)}\text{\ avec\ }\begin{cases}A=X^2-1\\B=X^3+3X+1\end{cases}}De même, {G=\dfrac{X^4+1}{X(X^2+1)}} est impaire : {G=\dfrac{XA(X^2)}{B(X^2)}\text{\ avec\ }\begin{cases}A=X^2+1\\B=X(X+1)\end{cases}}
- Cette définition ne dépend pas du couple {(A,B)} utilisé pour représenter {F}.
- On vérifie les propriétés :{\begin{cases}(\lambda F+\mu G)'=\lambda F'+\mu G'\\(FG)'=F'G+FG'\end{cases}}
- On a également une formule de Leibniz.
- On a {F'=0} si et seulement si {F} est un polynôme constant.
-
Si {F} est une fraction rationnelle à coefficients réels, la fonction rationnelle associée à {F'} est
la dérivée (au sens habituel donné à ce terme) de la fonction rationnelle associée à {F}.
Soit {F=\dfrac{A}{B}} dans {\mathbb{C}(X)}. On appelle conjuguée de {F} la fraction rationnelle {\overline{F}=\dfrac{\overline{A}}{\overline{B}}}.
- Soit {F,G} dans {\mathbb{C}(X)} et {\lambda,\mu} dans {\mathbb{C}}. Alors {\overline{\lambda F+\mu G}=\overline{\lambda}\;\overline{F}+\overline{\mu}\;\overline{G}}.
- Soit {F} un élément de {\mathbb{C}(X)}. Alors {F=\overline{F\,}\Leftrightarrow F} est un élément de {\mathbb{R}(X)}.
Composition de deux fractions rationnelles
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Soit {A=\displaystyle\sum_{k=0}^n a_kX^k} un polynôme, et soit {F} une fraction rationnelle.
On pose {A(F)=\displaystyle\sum_{k=0}^n a_k F^k}. C’est un élément de {\mathbb{K}(X)}. -
Soit {F} et {G} deux fractions rationnelles, {F} n’étant pas constante.
Si {G=\dfrac AB}, on pose {G(F)=\dfrac{A(F)}{B(F)}}. C’est un élément de {\mathbb{K}(X)} (on a {B(F)\ne0}).
On dit que {G(F)} est la composée de la fraction rationnelle {F} par la fraction rationnelle {G}.
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Posons par exemple {G=\dfrac{X^2+1}{X^3+X-1}}.
Alors {G(-X)=\dfrac{X^2+1}{X^3-X-1}}.
De même {G(X^2)=\dfrac{X^4+1}{X^6+X^2-1}}.
Enfin : {G\Bigl(\dfrac1X\Bigr)=\dfrac{\dfrac1{X^2}+1}{\dfrac1{X^3}+\dfrac1X-1}=\dfrac{X^3+X}{-X^3+X^2+1}}
- On a bien sûr {G(X)=G}. C’est pourquoi on peut noter {G(X)} une fraction rationnelle.