Concours National Commun 2023 — Mathématiques II — MP
Ce sujet est composé d’un exercice et d’un problème indépendants.
Exercice — Probabilité qu’une matrice soit diagonalisable
Noté sur 4 points sur 20
Dans cet exercice, {\mathbb R} désigne le corps des nombres réels et {\mathcal M_2(\mathbb R)} l’algèbre des matrices carrées d’ordre {2} à coefficients réels.
1.1. Étude de la diagonalisabilité d’une matrice de {\mathcal M_2(\mathbb R)}
On considère {(\alpha,\beta)\in\mathbb R^2} et on pose :
{A=\left(\begin{array}{cc}\alpha&1\\[4pt]0&\beta\end{array}\right).}
1.1.1. Justifier que si {\alpha\neq\beta}, alors {A} est diagonalisable dans {\mathcal M_2(\mathbb R)}.
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1.1.2. Montrer que si {\alpha=\beta}, alors {A} n’est pas diagonalisable dans {\mathcal M_2(\mathbb R)}.
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1.2. Calcul de la probabilité qu’une matrice aléatoire soit diagonalisable dans {\mathcal M_2(\mathbb R)}
Dans cette section,
{X} et
{Y} sont deux variables aléatoires indépendantes définies sur un espace probabilisé
{(\Omega,\mathcal A,\mathbb P)} et suivant des lois géométriques de paramètres respectifs
{p_1} et
{p_2}, avec
{(p_1,p_2)\in]0,1[^2} :
{X\sim\mathcal G(p_1),\qquad Y\sim\mathcal G(p_2).}1.2.1. Pour tout {k\in\mathbb N^*}, rappeler l’expression de {\mathbb P(X=k)} en fonction de {k} et de {p_1}.
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1.2.2. Déterminer la loi de {U=X+Y} selon les valeurs des paramètres {p_1} et {p_2}. On précisera d’abord l’ensemble des valeurs de {U}.
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1.2.3. Montrer que {V=\min(X,Y)} suit une loi géométrique de paramètre {1-(1-p_1)(1-p_2)}. On pourra commencer par calculer {\mathbb P(V>k)} pour tout {k\in\mathbb N^*}.
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1.2.4. Montrer que :
{\mathbb P(X\lt Y)=\frac{p_1(1-p_2)}{p_1+p_2-p_1p_2}.}
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1.2.5. On considère la variable aléatoire discrète {M:\Omega\to\mathcal M_2(\mathbb R)} définie, pour tout {w\in\Omega}, par :
{M(w)=\left(\begin{array}{cc}X(w)&1\\[4pt]0&Y(w)\end{array}\right).}Calculer, en fonction de {p_1} et {p_2}, la probabilité que {M} soit diagonalisable dans {\mathcal M_2(\mathbb R)}.
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Problème — Calcul de la distance d’une matrice au groupe orthogonal euclidien
Définitions et rappels
Dans tout ce problème, {\mathbb R} désigne le corps des nombres réels et {n} un entier naturel supérieur ou égal à {2}.
Pour {p\in\mathbb N^*}, on note {\mathcal M_{n,p}(\mathbb R)} l’espace vectoriel des matrices réelles à {n} lignes et {p} colonnes. Si {p=n}, on le note simplement {\mathcal M_n(\mathbb R)} ; la matrice identité est notée {I_n}.
Pour toute matrice {A}, {{}^tA} désigne sa transposée et {\operatorname{rg}(A)} son rang. Pour une matrice carrée, {\operatorname{Tr}(A)} désigne sa trace et {\det A} son déterminant.
On munit {\mathcal M_{n,1}(\mathbb R)} du produit scalaire canonique :
{\langle X,Y\rangle={}^tXY.}On note {\mathcal O_n(\mathbb R)} le groupe orthogonal euclidien et on rappelle que :
{\mathcal O_n(\mathbb R)=\{M\in\mathcal M_n(\mathbb R):{}^tMM=I_n\}.}
1ère partie — Quelques résultats préliminaires
On rappelle qu’une matrice symétrique {A\in\mathcal M_n(\mathbb R)} est dite positive si, pour tout {X\in\mathcal M_{n,1}(\mathbb R)} :
{{}^tXAX\geq0.}
1.1. Montrer que si {M\in\mathcal M_n(\mathbb R)}, alors la matrice {{}^tMM} est symétrique et positive.
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1.2. On considère une matrice diagonale
{D=\operatorname{diag}(d_1,\ldots,d_n)\in\mathcal M_n(\mathbb R)} à termes positifs. Ici et dans la suite, ces termes peuvent être nuls. Les
{d_i} sont donc supérieurs ou égaux à zéro.
1.2.1. Soit {X\in\mathcal M_{n,1}(\mathbb R)} de composantes {x_1,\ldots,x_n}. Exprimer {{}^tXDX} à l’aide de {d_1,\ldots,d_n} et de {x_1,\ldots,x_n}.
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1.2.2. En déduire que la matrice symétrique {D} est positive.
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1.3. Caractérisation de la positivité d’une matrice symétrique par le signe de ses valeurs propres
1.3.1. Montrer que si une matrice symétrique {A\in\mathcal M_n(\mathbb R)} est positive, alors ses valeurs propres sont positives.
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1.3.2. Soit
{A\in\mathcal M_n(\mathbb R)} une matrice symétrique.
1.3.2. (i) Justifier qu’il existe une matrice diagonale {D\in\mathcal M_n(\mathbb R)} et une matrice orthogonale {P\in\mathcal M_n(\mathbb R)} telles que {{}^tPDP=A}.
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1.3.2. (ii) En déduire que si les valeurs propres de {A} sont positives, alors {A} est une matrice positive.
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1.4. Soit {B\in\mathcal M_n(\mathbb R)}. Montrer qu’il existe une matrice diagonale {\Delta\in\mathcal M_n(\mathbb R)}, à termes positifs, et une matrice orthogonale {P\in\mathcal M_n(\mathbb R)} telles que :
{{}^tP({}^tBB)P=\Delta.}
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1.5. Produit scalaire canonique de {\mathcal M_n(\mathbb R)}. Montrer que l’application :
{\varphi:(A,B)\longmapsto\operatorname{Tr}({}^tAB)}est un produit scalaire sur {\mathcal M_n(\mathbb R)}.
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Dans la suite, on notera
{\|\cdot\|_2} la norme associée à ce produit scalaire.
2ème partie — Décomposition polaire d’une matrice de {\mathcal M_n(\mathbb R)}
2.1. Soit {A\in\mathcal M_n(\mathbb R)} ; on note {A_1,\ldots,A_n} ses colonnes. On suppose qu’il existe une matrice diagonale {D=\operatorname{diag}(d_1,\ldots,d_n)}, à termes positifs, telle que {{}^tAA=D^2}.
2.1.1. Montrer que, pour tout {(i,j)\in\{1,\ldots,n\}^2}, {{}^tA_iA_j=d_i^2\delta_{i,j}}, avec {\delta_{i,j}=1} si {i=j} et {\delta_{i,j}=0} si {i\neq j}.
Que vaut {A_i} lorsque {d_i=0} ?
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2.1.2. Montrer qu’il existe une base orthonormée {(E_1,\ldots,E_n)} de l’espace euclidien {(\mathcal M_{n,1}(\mathbb R),\langle\cdot,\cdot\rangle)} telle que {A_i=d_iE_i} pour tout {i\in\{1,\ldots,n\}}.
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2.1.3. En déduire qu’il existe une matrice orthogonale {E\in\mathcal M_n(\mathbb R)} telle que {A=ED}.
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2.2. Soit
{B\in\mathcal M_n(\mathbb R)}.
2.2.1. Montrer qu’il existe une matrice diagonale {D\in\mathcal M_n(\mathbb R)}, à termes positifs, et une matrice orthogonale {P\in\mathcal M_n(\mathbb R)} telles que {{}^tP\,{}^tBBP=D^2}.
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2.2.2. Montrer alors qu’il existe {E\in\mathcal O_n(\mathbb R)} telle que {BP=ED}, puis en déduire qu’il existe une matrice orthogonale {O} et une matrice {S} symétrique positive, toutes deux dans {\mathcal M_n(\mathbb R)}, telles que {B=OS}.
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2.3. Application. On pose :
{C=\left(\begin{array}{rrr}-1&-2&-1\\[4pt]2&1&1\\[4pt]1&1&2\end{array}\right).}Déterminer {O\in\mathcal O_3(\mathbb R)} et {S\in\mathcal M_3(\mathbb R)}, symétrique et positive, telles que {C=OS}.
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3ème partie — Application à un calcul de distance
On rappelle que {\mathcal M_n(\mathbb R)} est muni de la norme {\|\cdot\|_2} associée au produit scalaire {(A,B)\mapsto\operatorname{Tr}({}^tAB)}, et que, pour toutes matrices {M,N\in\mathcal M_n(\mathbb R)} :
{\operatorname{Tr}(MN)=\operatorname{Tr}(NM).}3.1. On rappelle que :
{\mathcal O_n(\mathbb R)=\{M\in\mathcal M_n(\mathbb R):{}^tMM=I_n\}.}
3.1.1. Montrer que l’application {M\mapsto{}^tM}, définie sur {\mathcal M_n(\mathbb R)}, est continue.
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3.1.2. Montrer que l’application {M\mapsto{}^tMM}, définie sur {\mathcal M_n(\mathbb R)}, est continue.
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3.1.3. Montrer que {\mathcal O_n(\mathbb R)} est une partie fermée et bornée de {\mathcal M_n(\mathbb R)}.
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Dans la suite de cette partie, on se donne
{A\in\mathcal M_n(\mathbb R)} et on cherche à calculer la distance :
{d(A,\mathcal O_n(\mathbb R))=\inf_{M\in\mathcal O_n(\mathbb R)}\|A-M\|_2.}3.2. Justifier que cette borne inférieure est atteinte.
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3.3. Montrer que, pour toute matrice {\Omega\in\mathcal O_n(\mathbb R)} :
{\|\Omega A\|_2=\|A\Omega\|_2=\|A\|_2.}
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3.4. Soient
{O\in\mathcal O_n(\mathbb R)} et
{S\in\mathcal M_n(\mathbb R)} une matrice symétrique positive telles que
{A=OS}.
3.4.1. Montrer que, pour toute {\Omega\in\mathcal O_n(\mathbb R)}, {\|A-\Omega\|_2=\|S-O^{-1}\Omega\|_2}, et en déduire que :
{d(A,\mathcal O_n(\mathbb R))=d(S,\mathcal O_n(\mathbb R)).}
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3.4.2. On note {D} une matrice diagonale et {P} une matrice orthogonale telles que {S=PDP^{-1}}. Justifier leur existence, puis montrer que :
{d(A,\mathcal O_n(\mathbb R))=d(D,\mathcal O_n(\mathbb R)).}
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3.5. On conserve les notations de la question 3.4 et on pose
{D=\operatorname{diag}(\lambda_1,\ldots,\lambda_n)}.
3.5.1. Justifier que {\lambda_1,\ldots,\lambda_n} sont supérieurs ou égaux à zéro.
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3.5.2. Montrer que, pour toute {\Omega\in\mathcal O_n(\mathbb R)} :
{\operatorname{Tr}(D\Omega)\leq\sum_{k=1}^n\lambda_k.}
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3.5.3. Montrer que, pour toute {\Omega\in\mathcal O_n(\mathbb R)} :
{\|D-\Omega\|_2^2=\sum_{k=1}^n\lambda_k^2-2\operatorname{Tr}(D\Omega)+n.}
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3.5.4. Conclure que {d(D,\mathcal O_n(\mathbb R))=\|D-I_n\|_2}, puis que {d(A,\mathcal O_n(\mathbb R))=\|A-O\|_2}.
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3.6. Application. Calculer {d(C,\mathcal O_3(\mathbb R))}, où :
{C=\left(\begin{array}{rrr}-1&-2&-1\\[4pt]2&1&1\\[4pt]1&1&2\end{array}\right).}
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